Depuis de nombreuses années, la rage vulpine a disparu de notre territoire. Pour autant, cette maladie grave réapparaît de façon sporadique à la faveur d’une introduction depuis un pays non indemne d’un chien ou d’un chat malade. Ces introductions, illégales il faut le dire, font l’objet d’une vaste publicité dans les médias, compte tenu d’un risque potentiel pour la santé humaine. Le dernier cas de rage canine en France, en mai 2015, a été confirmé par l’Institut Pasteur dans le département de la Loire chez un Bull Terrier non vacciné après un voyage en Algérie. Ce chien avait en outre mordu son propriétaire et le chien d’un voisin. En 2013, dans le Val d’Oise, il s’agissait d’un chaton importé du Maroc. A chaque fois les autorités sanitaires ont dû mettre en place de mesures restrictives très strictes pour éviter la diffusion de la maladie. Face à ces cas, rares mais très graves, la question de l’opportunité de vacciner votre chien ou votre chat se pose.

 

Pourquoi est-ce si rigoureusement suivi par les autorités sanitaires ?

 

La rage est une maladie mortelle, pour laquelle aucun traitement n’existe une fois les symptômes déclarés. Il existe  seulement  un vaccin préventif contre la rage pour de nombreuses espèces animale et pour l’homme et de lourds traitements sérologiques destinés aux personnes ayant été en contact avec un animal enragé. En France, la vaccination n’est plus obligatoire de façon systématique depuis la disparition de la rage vulpine (des renards) autochtone en 2001. Pourtant, plusieurs cas ont été rapportés depuis cette date, soit sur des animaux importés illégalement de zones infectées, avec en 2008, la  transmission d’un chien importé à un autre, soit à partir de souches portées par des chauves-souris. Un chat a ainsi été contaminé en 2007 en Vendée. A partir de ces cas animaux, la rage peut se transmettre à l’homme, et le dernier cas en France date de 2014, chez un homme contaminé au Mali. Grace à ces mesures restrictives, aucun cas de contamination humaine en France n’a été enregistré depuis 1924.

 

Que se passe-t-il si mon chien ou mon chat n’est pas vacciné et qu’un cas apparait dans ma région ?

 

L’Arrêté du 9 août 2011 indique les mesures restrictives dans les zones déclarées infectées à l’initiative des autorités préfectorales. Ces mesures sont en vigueur durant six mois après la mort de l’animal enragé. Durant cette période, seuls les chiens valablement vaccinés peuvent circuler librement sous la surveillance de leur maitre. Les autres doivent être tenus enfermés. Il est possible de les vacciner, et de pouvoir bénéficier de cette liberté lorsque la vaccination sera valable. Pour les chats, l’enfermement est la règle, et ils ne peuvent circuler dans la zone de restriction qu’en panier ou cage fermée. La sortie de la zone de restriction n’est autorisée que pour les chiens et les chats dûment vacciné avant le début de la période de restriction.

On constate donc que l’apparition d’un cas dans une zone géographique donnée peut considérablement limiter la liberté de mouvement des chiens et des chats non vaccinés ! En cas de divagation, seuls les animaux vaccinés et identifiés pourront être récupérés.

Plus grave, selon l’article L223-9 du code rural, tous les chiens et les chats ayant été en contact avec un chien ou un chat déclaré infecté par le virus rabique sont considérés comme «contaminés de rage». Seuls les propriétaires des chiens et chats identifiés et à jour de leur vaccination antirabique pourront demander une dérogation à l’euthanasie de leur animal de compagnie.

 

Le vaccin est une obligation pour les carnivores qui voyagent.

 

Si vous voyagez en France avec votre compagnon, la vaccination n’est plus obligatoire, même si vous allez en camping par exemple. Il en est de même vers la Corse et les départements d’outre-mer (à l’exception de la Guyane, et des territoires d’outre-mer). En revanche si vous souhaiter voyager à l’intérieur de l’Union Européenne ou vers d’autres pays il est nécessaire de vacciner votre chien ou votre chat (vous pouvez consulte les autorités consulaires ou les ambassades pour connaitre les dispositions particulières à chaque pays). Et ce sera également le cas pour revenir ; un certificat de vaccination vous sera demandé, ainsi que le passeport. Attention, si vous vous voyagez vers certaines régions ou que vous en revenez (notamment vers des régions indemnes ou depuis celles où le risque rabique est réel) il est aussi nécessaire de produire un document issu d’un laboratoire agrée faisant état d’un examen sanguin supplémentaire réalisé 30 jours après la vaccination et 3 mois avant l’arrivée et un certificat sanitaire datant de moins de 10 jours.

 

Mon chien et mon chat ne sortent pas, dois-je les vacciner tout de même ?

 

La vaccination demeure obligatoire en France pour les chiens de 1ère et 2ème catégorie. Au-delà, elle est fortement recommandée, même pour des chiens et des chats qui ne sortent pas. En effet, en cas d’introduction de la maladie dans votre région, la restriction de circulation dure au moins 6 mois, et il vous serait interdit de sortir votre compagnon de la zone touchée durant cette période. Il faut donc être certain de ne pas devoir faire voyager son chien ou son chat pour se passer de la vaccination. Et bien entendu, il faut être certain que votre compagnon ne puisse pas vous échapper !

Bien que la rage autochtone ait été éradiquée de France depuis plusieurs années (hormis chez les chauves-souris !), des cas importés surgissent très régulièrement. La vaccination n’est pas obligatoire, pourtant, il demeure fortement recommander de pratiquer la vaccination des chiens et des chats de plus de trois mois, notamment si vous êtes susceptibles de voyager hors de France. N’hésitez pas à interroger votre équipe vétérinaire pour plus de précisions.